⭐⭐⭐ LE CHAPITRE DU RAISONNEMENT · devant une association, cinq explications : causalité, causalité inverse, confusion, biais, hasard · la confusion s'ajuste (randomisation, appariement, stratification, modèle), le biais se prévient · deux biais à retenir : sélection et information · l'exemple qui résume tout : le café, HR 1,60 puis 0,90 — séance 13 — Pr C. Combescure
Énoncé. On voulait étudier la prévalence de l'anosmie (perte de l'odorat) suite au Covid-19. Pour cela, on a observé les gens dans un hôpital universitaire et dans un concert clandestin. À l'hôpital, la prévalence était de 15 %, au concert de 30 %. Les recruteurs ont utilisé le même questionnaire dans les 2 cas. Cette différence de prévalence peut être expliquée par : A) Randomisation · B) Hasard · C) Biais de sélection · D) Absence de l'insu chez les recruteurs · E) Biais d'information.
C — bonne réponse. Deux populations recrutées dans des lieux non comparables : ni l'une ni l'autre ne représente la population visée (d.42-43). E faux : la phrase « le même questionnaire dans les 2 cas » élimine explicitement le biais d'information. A faux : la randomisation est une méthode d'attribution dans un essai. D faux : l'insu concerne les essais cliniques (Ch7). B : le hasard est toujours envisageable, mais un écart du simple au double entre ces deux lieux s'explique d'abord par le recrutement. ✓ clé officielle
La question modèle du biais de sélection : repérer deux modes de recrutement différents et la mention qui écarte l'autre biais. Diapos 2.0 C13-Q20.
Énoncé. On fait une étude pour comparer la mortalité chez les sportifs et chez les sédentaires. On obtient une différence avec p = 0,02. Par contre, une fois cette différence ajustée pour le tabac, la valeur p pour cette différence de mortalité devient p = 0,08. On peut affirmer : A) Le tabagisme est un facteur de confusion · B) à E) non retranscrites dans l'annale.
A — bonne réponse. Une association qui change après ajustement sur une tierce variable est la signature de l'effet de confusion (d.23) : le tabac est lié à la fois à la sédentarité et à la mortalité. C'est le même geste que le café (1,60 ⇒ 0,90). ✓ clé du corrigé de relecture
⚠️ ÉCART DÉCLARÉ. Le retranscrit ne donne que la proposition A ; les distracteurs utilisés dans nos QCM sont reconstitués et signalés comme tels. À noter aussi : la valeur p traverse le seuil (0,02 puis 0,08), mais cela ne prouve pas qu'il n'y a aucune association — c'est la double lecture du Ch8.
La question modèle de l'effet de confusion. Diapos 2.0 C13-Q21.
Énoncé. Une étude est menée pour étudier l'association entre la consommation de chewing-gum et l'apparition de caries. Il est observé que les consommateurs de chewing-gum ont également tendance à être des fumeurs. Le tabagisme pourrait être un facteur de confusion concernant l'apparition de caries, et les chercheurs essaient de neutraliser l'effet de confusion. Sont des procédés pour neutraliser l'effet de confusion : A) Pour chaque cas (personne ayant une carie) associer avec le statut de fumeur ; pour chaque témoin (n'ayant pas de carie), associer avec le statut de non-fumeur · B) Dissimuler qui sont les personnes fumeuses aux personnes qui reportent les résultats · C) Documenter le tabagisme pour ensuite ajuster la variable pour les fumeurs et réaliser une régression logistique · D) Réaliser une étude des risques lors de l'association de la consommation de chewing-gum ou le statut tabagique.
F · V · V · F. A faux : appariement à l'envers — apparier, c'est donner au témoin le même statut tabagique que son cas ; tel qu'écrit, le procédé crée la confusion. B faux : c'est l'insu, qui protège du biais d'information ; « le blinding n'a pas d'impact sur les variables de confusion » (corrigé). C vrai : mesurer puis ajuster dans une régression logistique, c'est l'ajustement statistique (d.27, d.54). D faux : formulation vague qui ne décrit aucune des quatre méthodes. ✓ clé de la banque des annales
⚠️ ÉCART DÉCLARÉ. Le corrigé officiel ne tranche pas B et D ; B est comptée fausse d'après sa propre phrase sur le blinding, D par élimination.
La question modèle de la neutralisation : les quatre méthodes de la d.54 contre un intrus (l'insu). Diapos 2.0 C13-Q22.
Les données. Cohorte NIH-AARP, 229 119 hommes de 50 à 71 ans, suivi 1995-2008, 33 731 décès. Sans café : 2 766 décès sur 21 080 = 13,1 %. Six tasses ou plus : 1 904 sur 10 139 = 18,8 %. ✓ Python : 13,1214 % et 18,7790 % ; rapport 1,4312
Étape 1 — le HR ajusté pour l'âge. 1,60 (1,51-1,69) : à âge identique, la mortalité est plus élevée chez les consommateurs. L'IC exclut 1 : significatif. Mais l'âge ne différait presque pas (61,1 contre 60,3 ans) : cet ajustement ne pouvait rien corriger.
Étape 2 — qui sont les exposés. Fumeurs actuels 4,8 % contre 34,7 % (×7,2) · plus de 3 verres par jour 6,3 % contre 11,6 % (×1,84) · moins d'activité physique · fruits 1,5 contre 0,8 portion · viande rouge 33,1 contre 40,5 g. ✓ Python
Étape 3 — le HR multivarié. 0,90 (0,85-0,96) : à tabac, alcool, sport, alimentation et une dizaine d'autres facteurs identiques, la mortalité est plus basse chez les consommateurs — réduite de 10 %. L'IC exclut 1 de l'autre côté.
Conclusion. Le passage de 1,6 à 0,9 est l'effet de confusion. Les deux résultats sont justes : au hasard un gros consommateur meurt plus, à habitudes de vie identiques il meurt moins. Et rien n'est démontré sur la causalité : c'est une étude observationnelle. ✓ Python : 1 − 0,90 = 10 % ; 0,90 ÷ 1,60 = 0,5625
C'est l'exemple à raconter en trois phrases le jour de l'examen. Diapos 2.0 C13-Q9, C13-Q10, C13-Q11.
Sens 1 — la pente taille-poids. Brute : Poids = −79,105 + 0,832 · taille (IC de la pente 0,736-0,928). Ajustée sur le sexe : Poids = −43,595 + 0,569 · taille + 7,132 · sexe (IC de la pente 0,439-0,699). La pente est réduite d'un tiers. ✓ Python : 0,569 ÷ 0,832 = 0,684, soit −31,6 %
Sens 2 — la différence de poids entre sexes. Moyennes : femmes 58,365 kg (n = 293, écart-type 9,0243), hommes 73,092 kg (n = 141, écart-type 10,3551), total 63,150 kg (n = 434). Différence brute 14,727 kg (erreur standard 0,971, t = 15,163, IC 12,818-16,636) ; à taille égale, 7,132 kg. La différence est réduite de moitié : ici la taille renforçait l'écart. ✓ Python : 73,092 − 58,365 = 14,727 ; 7,132 ÷ 14,727 = 0,484 ; 43,638 + 14,727 × 2 = 73,092
Pourquoi le sexe est un facteur de confusion. Il est associé à la taille (les femmes sont plus petites) et associé au poids (à taille égale, les femmes sont plus légères) — les deux conditions de la d.17, sans être une conséquence de la taille.
⚠️ ÉCART DÉCLARÉ. Le calcul direct donne t = 14,727 ÷ 0,971 = 15,166 quand SPSS imprime 15,163 (le logiciel travaille sur les décimales non arrondies) ; idem 43,638 ÷ 1,365 = 31,970 contre 31,974.
Les deux analyses sont justes ; la question posée décide de celle qu'il faut lire. Diapos 2.0 C13-Q15, C13-Q16, C13-Q17.
Ce qui ne tombera pas (le prof le dit) : le diagramme de la d.10, les 9 arguments de Hill, les noms des sous-types de biais, le biais de prévalence, de temps zéro, de classification, de publication.
Conclusion stratégique. Ce chapitre se révise comme une grille de lecture d'article : ① quelle est l'association étudiée, et sous quelle forme est-elle mesurée ? ② les cinq explications, dans l'ordre ; ③ le recrutement est-il représentatif (biais de sélection) ? ④ la mesure est-elle identique dans les deux groupes (biais d'information) ? ⑤ les résultats bruts et ajustés diffèrent-ils (confusion) ? ⑥ sur quoi a-t-on ajusté — et n'a-t-on pas ajusté sur une cause intermédiaire ? ⑦ que reste-t-il comme confusion résiduelle ? ⑧ l'IC exclut-il la valeur nulle, et l'effet est-il cliniquement important ?