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Philosophie · Terminale · Chapitre 13
Comment faire régner la justice ?
IntroductionIntroduction — poser le problème — « par quoi le juste s'impose-t-il ? »
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Amorce — entrer dans le sujet

Un coupable acquitté, une victime bafouée, des richesses accaparées par quelques-uns : à chaque instant, le monde ne correspond pas à nos attentes.

Nous le trouvons souvent imparfait, insatisfaisant, parfois révoltant.

Spontanément, nous portons des jugements de valeur, et de très nombreuses situations nous semblent profondément injustes.

D'où une exigence : faire régner la justice.

THÈSEPartie I
I · AThèse première — le droit du plus fort — « la justice, c'est la force »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Comment faire régner la justice ?

À première vue, en s'imposant par la force.

Car « faire régner » évoque déjà la domination : le juste serait simplement ce que le plus fort parvient à imposer.

Cette thèse provocatrice est portée par Calliclès dans le Gorgias de Platon.

I · BConséquence — se faire justice soi-même — « la vengeance comme justice »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Si la justice est affaire de force, alors faire régner la justice, ce serait se faire justice soi-même : rendre à l'offenseur le mal qu'il a commis.

C'est l'idée, spontanée et ancienne, de la vengeance.

I · CLimites — la confusion du droit et de la force — « ni la force, ni la vengeance »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Réduire la justice à la force (Calliclès) et à la vengeance, c'est commettre une double confusion.

Car la justice est une norme, non un fait ; et la justice véritable s'oppose à la vengeance bien plus qu'elle ne s'y ramène.

ANTITHÈSEPartie II
II · AThèse seconde — l'institution du droit — « le droit contre la loi du plus fort »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Si la force ne fait pas le droit, alors faire régner la justice, c'est instituer un droit : un ensemble de règles communes qui viennent corriger l'inégalité naturelle des rapports de force.

Là où Calliclès voyait la loi des faibles, on découvre l'effort d'organiser des rapports humains justes.

II · BL'institution judiciaire — le tiers impartial — « la justice rendue par un tiers »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Le droit ne se contente pas de corriger la force : il brise la chaîne de la vengeance.

Comment ?

En substituant à la victime, juge et partie, un tiers impartial — le juge — chargé de trancher selon des règles connues d'avance.

II · CLa limite du droit — positivisme juridique & équité — « la loi est-elle toujours juste ? »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Reste une difficulté : faire régner la justice, est-ce s'attacher exclusivement au droit positif — aux lois telles qu'elles sont ?

C'est la thèse du positivisme juridique ; mais elle se heurte à deux failles décisives : la loi peut être trop générale, ou tout simplement injuste.

SYNTHÈSEPartie III
III · ALe dépassement — le droit naturel — « un étalon du juste et de l'injuste »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Pour juger les lois — les corriger ou les condamner —, il faut un droit supérieur au droit positif, immuable, inscrit au fond de la conscience : le droit naturel.

Il est l'étalon qui permet de reconnaître l'injustice de certaines lois.

III · BL'idée de justice — la vertu — « être juste, c'est ne pas s'avantager »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Faire régner la justice, ce n'est pas seulement appliquer ou juger des lois : c'est aussi être juste — une vertu.

Or être juste, c'est précisément ne pas être porté à privilégier ses propres intérêts au détriment des autres.

III · CLe partage juste — les deux égalités — « arithmétique ou proportionnelle ? »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Rendre à chacun son dû suppose une égalité — mais laquelle ? Aristote, dans l'Éthique à Nicomaque, distingue deux justices : l'une qui traite tout le monde strictement à l'identique, l'autre qui donne à chacun selon son mérite.

Conclusion généraleConclusion — répondre & ouvrir — « la justice : institution, étalon, vertu »
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Bilan du parcours — ce que le devoir a établi

🧭Comment faire régner la justice ?

D'abord, on a pu croire qu'il fallait s'imposer par la force : le juste serait la domination du plus fort (Calliclès), ce qui légitime la vengeance.

Mais cette thèse confond le droit (une norme) et la force (un fait), et la vengeance, juge et partie, ne fait que prolonger le désordre.

📜Aussi faire régner la justice, c'est instituer un droit : une institution (lois, tribunaux) qui corrige les rapports de force (Lacordaire) et substitue à la vengeance le tiers impartial.

Mais le droit positif ne suffit pas : la loi peut être trop générale (l'équité de Thomas d'Aquin) ou injuste (Vichy : légalité ≠ légitimité).

Il faut donc un droit naturel supérieur (Antigone, Locke, DUDH) et, plus profondément, l'idée de justice comme vertu (Aristote).