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Philosophie · Terminale · Chapitre 12
Serions-nous plus libres sans l'État ?
IntroductionIntroduction — poser le problème — « l'État : gardien ou ennemi de la liberté ? »
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Amorce — entrer dans le sujet

❧Obéir à un feu rouge, payer ses impôts, montrer ses papiers : chaque jour, les lois de l'État viennent border nos désirs.

◈Spontanément, on songe qu'on serait plus libre sans cette autorité qui, sans cesse, nous impose des limites.

ⅠTHÈSEPartie I
I · AThèse première — la liberté comme intempérance — « l'État brime nos désirs »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Serions-nous plus libres sans l'État ?

◈À première vue, oui.

◈Si être libre, c'est pouvoir satisfaire tous ses désirs sans rencontrer d'obstacle, alors l'État, qui ne cesse d'imposer des lois, réduit notre liberté.

◈Cette thèse provocatrice est portée par Calliclès dans le Gorgias de Platon.

I · BDiscussion (1) — droit et force — « la force fait-elle le droit ? »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧La thèse de Calliclès est-elle solide ?

◈À y regarder de près, non : elle repose sur une confusion entre le droit et la force.

◈C'est la première objection qu'on peut lui adresser.

I · CDiscussion (2) — liberté et autonomie — « la liberté est-elle l'intempérance ? »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Le second présupposé de Calliclès est sa définition de la liberté comme licence, c'est-à-dire comme satisfaction sans limite des désirs.

◈Mais est-ce là vraiment la liberté ? Socrate, dans le même Gorgias, nous invite à en douter.

ⅡANTITHÈSEPartie II
II · AThèse seconde — l'autonomie contre l'État — « a-t-on besoin de l'État pour être libre ? »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Si être libre, c'est être autonome, a-t-on véritablement besoin de l'État pour le devenir ?

◈À cette question, l'anarchiste russe Bakounine répond non : l'État, loin de nous rendre autonomes, nous infantilise.

◈Nous serions plus libres sans lui.

II · BThèse seconde (suite) — l'État, masque d'une domination — « au service de qui ? »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧La condamnation de Bakounine ne s'arrête pas à l'infantilisation.

◈Sous l'apparence de l'intérêt général, il décèle un intérêt particulier : l'État ne serait que l'instrument de domination d'une classe privilégiée sur une autre.

II · CFragilité de la thèse — l'homme, être de passions — « peut-on se passer de l'État ? »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧La condamnation de l'État par Bakounine est séduisante, mais fragile.

◈Elle présente l'homme comme un être purement raisonnable.

◈Or l'homme est aussi un être de passions et de désirs, parfois dépassé par sa propre affectivité.

◈Pour le montrer, il faut examiner, avec Hobbes, l'état de nature.

ⅢSYNTHÈSEPartie III
III · AThèse troisième — la nécessité de l'État — « sans lui, la guerre de tous contre tous »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Pourrions-nous vraiment vivre sans État ?

◈Pour Hobbes, non : l'état de nature serait un état de guerre permanente.

◈L'État n'est pas un obstacle à la liberté, mais la condition de la sécurité sans laquelle aucune liberté n'est possible.

III · BThèse troisième (suite) — limiter l'État — « un pouvoir limité pour des libertés protégées »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Si l'État est nécessaire (Hobbes), faut-il pour autant lui tout céder ? Non, répond le libéralisme politique de Locke : pour que l'État protège notre liberté au lieu de la détruire, il faut limiter son pouvoir.

◈Telle est la condition d'une liberté garantie.

III · CThèse troisième (fin) — l'État au fondement de la liberté — « obéir à la loi qu'on s'est prescrite »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Et si l'obéissance aux lois, loin de nous asservir, était la condition même de notre liberté ?

◈C'est la thèse décisive de Rousseau : c'est par le contrat social et l'obéissance à la volonté générale que l'homme devient pleinement libre.

◈L'État est au fondement de la liberté.

Conclusion généraleConclusion — répondre & ouvrir — « l'État, condition de la liberté »
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Bilan du parcours — ce que le devoir a établi

🧭Serions-nous plus libres sans l'État ?

◈D'abord, il semblait que oui : si la liberté est l'intempérance, les lois brident nos désirs (Calliclès).

◈Mais cette réponse confond le droit et la force, et la liberté avec la licence : la vraie liberté est l'autonomie (Socrate).

📜Si la liberté est autonomie, l'État semble alors la réduire : il infantilise les masses et n'est que la domination d'une classe (Bakounine).

◈Mais cette thèse oublie que l'homme est un être de passions : sans autorité commune, ce serait la guerre de tous contre tous (Hobbes).

◈L'État garantit donc la sécurité (Hobbes), à condition d'en limiter le pouvoir (Locke), et c'est l'obéissance à la volonté générale qui fonde la liberté (Rousseau).