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Philosophie · Terminale · Chapitre 2
Faut-il profiter de l'instant présent ?
IntroductionAnalyse du sujet · problématique · annonce du plan
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Amorce — entrer dans le sujet

🪶« Profite de l'instant ! », « carpe diem », « on n'a qu'une vie » : notre époque ne cesse de nous presser de jouir du présent, comme s'il y avait là une évidence, voire un devoir.

C'est cette injonction que le sujet met à l'épreuve : faut-il profiter de l'instant présent ?

THÈSEPartie I
I · AThèse première — le carpe diem — « le temps fuit et ne revient pas »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

À première vue, il faut profiter de l'instant présent, et cela pour deux raisons qui tiennent à la nature même du temps : il est fugitif et il est irréversible.

C'est ce que confirme l'analyse du temps menée par Saint Augustin.

I · BThèse première — le plaisir présent — « ne pas remettre le bonheur à demain »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Si le temps fuit, alors le bonheur ne se remet pas à plus tard. Épicure invite à jouir du présent, délivré de la crainte de l'avenir et de la mort.

I · CThèse première — la brièveté de la vie — « pendant qu'on attend de vivre, la vie passe »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Il y a plus pressant encore : la vie est brève, et nous la gaspillons à la remettre à plus tard. Sénèque nous presse de vivre maintenant.

ANTITHÈSEPartie II
II · AAntithèse — le divertissement — « profiter pour ne pas penser »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Mais « profiter » cache peut-être une fuite. Pascal le montre : l'agitation par laquelle on remplit l'instant sert souvent à ne pas regarder notre condition.

II · BAntithèse — l'impasse — « remplir sans cesse un tonneau percé »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Seconde faille.

Vouloir jouir sans cesse de l'instant est une course sans fin : c'est l'impasse de la jouissance, que Platon dénonce à travers Calliclès.

II · CAntithèse — le mot « profiter » — « la hâte qui fait manquer le présent »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Au fond, c'est le mot « profiter » qui pose problème. Sophie Galabru montre que ce rapport calculateur et anxieux au temps nous sépare du présent.

SYNTHÈSEPartie III
III · ASynthèse — profiter ≠ habiter — « habiter le présent, non le consommer »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

La solution n'est pas de fuir le présent, mais de changer de rapport à lui : non plus le « profiter » (le consommer), mais l'« habiter ».

C'est la voie de Galabru.

III · BSynthèse — la durée — « le présent comme durée créatrice »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Habiter le présent, c'est le vivre comme durée — non comme un point qu'on consomme, mais comme un élan qui se crée. Bergson l'éclaire par la contemplation et la création.

III · CSynthèse — la présence — « quand je danse, je danse »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

Habiter le présent ne demande pas de grands moyens : il suffit d'être pleinement présent à ce qu'on fait. Montaigne en donne la formule.

Conclusion généraleLa réponse à la problématique & l'ouverture
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Bilan du parcours — ce que le devoir a établi

🧭« Profite de l'instant présent » : injonction séduisante.

Elle paraissait d'abord justifiée : l'instant est fugitif et irréversible (Augustin), le bonheur est présent (Épicure), la vie est brève (Sénèque).

Mais elle s'est révélée problématique : « profiter » peut être une fuite (Pascal, le divertissement), une impasse insatiable (Calliclès), et le mot lui-même nous sépare du présent (Galabru).

Le dépassement : changer de verbe — non plus profiter mais habiter le présent, par la durée créatrice (Bergson) et la présence pleine (Montaigne).