Philosophie · Terminale · Chapitre 15
La technique fait-elle violence à la nature ?
Introduction
Introduction — poser le problème — « la technique, ennemie de la nature ? »
Amorce — entrer dans le sujet
❧« Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, mais nous l'empruntons à nos enfants. » Ce proverbe nous interroge sur notre rapport à la nature : la terre que nous laisserons sera-t-elle toujours compatible avec la vie humaine ? N'avons-nous pas, envers les générations futures, un devoir de préserver la nature ? Il est ainsi urgent de se demander si la technique fait violence à la nature.
Analyse du sujet — définir les termes
⚙La technique désigne l'ensemble des procédés, outils et moyens élaborés par l'homme pour atteindre un objectif déterminé : c'est un savoir-faire. « Faire violence à » peut signifier ne pas respecter des droits ou ne pas se conformer à un ordre ; mais c'est surtout mettre en péril, porter atteinte à un équilibre, à l'intégrité de quelque chose — le contraire de respecter, préserver, protéger. La nature, enfin, est le milieu où vit l'homme ; elle se distingue de la culture, et se conçoit soit comme phusis (donné brut et immédiat), soit comme cosmos (monde clos, ordonné, harmonieux).
Problématique — la tension à résoudre
☞La technique agit sur la nature et la modifie (ponts, tunnels, transports). Or, pour agir sur elle, la technique doit connaître ses lois et s'y soumettre : ne ferait-elle donc que lui obéir, exerçant une maîtrise raisonnable, sans violence ? Mais la technique garde-t-elle le statut de simple moyen au service de l'humanité ? Ne devient-elle pas une fin en soi — une fuite en avant — dont les conséquences seraient néfastes pour la nature ?
Annonce du plan — le chemin que l'on suivra
🗺D'abord, la technique ne semble pas faire violence à la nature : elle la maîtrise en lui obéissant (Bacon), institue un rapport de maîtrise mesurée (Descartes) et corrige même ses imperfections (Mill) (I). Mais cette maîtrise se renverse : l'homme devient l'esclave de la technique (Heidegger), la promesse s'inverse en menace (Jonas) et révèle la vulnérabilité de la nature — la technique lui fait violence (II). Il faut enfin dépasser l'éthique traditionnelle, trop anthropocentrée (Kant), par une éthique de la responsabilité (Jonas), seul rempart contre cette violence (III).
Problématique : la technique se pose-t-elle en ennemie de la nature (elle la met en péril), ou n'est-elle qu'une maîtrise raisonnable passant par l'obéissance à ses lois ? | Plan : I. la technique maîtrise sans violence (Bacon : obéir pour vaincre ; Descartes : maîtres et possesseurs ; Mill : corriger les imperfections) → II. renversement : l'homme esclave (Heidegger), promesse inversée en menace et vulnérabilité de la nature (Jonas) : la technique fait violence → III. l'éthique traditionnelle (anthropocentrée, Kant) est insuffisante ; il faut une éthique de la responsabilité (Jonas).