Philosophie · Terminale · Chapitre 14
Quel est le fondement du devoir moral ?
Introduction
Introduction — poser le problème — « sur quoi repose le devoir ? »
Amorce — entrer dans le sujet
❧Dans les faits, le mensonge est répandu, la dissimulation fréquente, et il nous arrive de rompre nos promesses. Pourtant, quelque chose en nous proteste : une voix nous dit qu'il faut dire la vérité, qu'il faut tenir parole. La conscience morale me permet de poser des jugements moraux, de distinguer les actes bons des actes mauvais. La morale ne se contente pas de décrire ce qui se fait : elle énonce ce qui doit être. Mais sur quoi repose une telle exigence ?
Analyse du sujet — définir les termes
⚖La morale est la doctrine de l'action humaine qui établit la valeur des conduites et prescrit des règles à respecter : elle est prescriptive, elle relève de l'opposition entre l'être et le devoir-être. Le devoir moral, lui, relève de l'obligation (une autodétermination de la volonté, compatible avec la liberté) et non de la contrainte (une force extérieure qui s'impose). Chercher son fondement, c'est chercher le principe qui le justifie et qui permet de distinguer la vertu du vice.
Problématique — la tension à résoudre
☞Le fondement du devoir moral est-il extérieur à l'individu — la simple pression d'une société, l'intériorisation de ses mœurs —, auquel cas la morale serait relative et il n'y aurait plus de morale véritable ? Ou bien réside-t-il dans la raison universelle, dans cet impératif catégorique qui commande tout homme ? Mais cette universalité suffit-elle à dire ce que je dois faire dans la singularité des cas ?
Annonce du plan — le chemin que l'on suivra
🗺Nous verrons d'abord qu'on pourrait réduire la morale aux mœurs : le devoir ne serait qu'une pression sociale, relative à l'époque (Pascal) — mais cette thèse confond le fait et la norme et dissout la morale (I). Aussi le fondement réside-t-il dans la raison pure pratique : agir par devoir selon l'impératif catégorique (Kant), ce qui fonde une morale universelle et libre — mais l'universalité de la maxime échoue dans les cas de conscience (Ricoeur) (II). Le fondement du devoir sera enfin la vertu de prudence (Aristote) : un discernement de la raison qui invente la conduite juste sans tomber dans l'arbitraire (III).
Problématique : le fondement du devoir moral est-il les mœurs (la pression sociale, donc le relatif), la raison (l'impératif catégorique, donc l'universel), ou le discernement prudent qui adapte la raison à chaque cas ? | Plan : I. la morale dérive des mœurs (Pascal : relativisme ; mais confusion fait/norme) → II. la raison pure pratique (Kant : agir par devoir, impératif catégorique, morale universelle ; mais cas de conscience, Ricoeur) → III. la vertu de prudence (Aristote : la raison qui discerne, sans arbitraire).