Philosophie · Terminale · Chapitre 13
Comment faire régner la justice ?
Introduction
Introduction — poser le problème — « par quoi le juste s'impose-t-il ? »
Amorce — entrer dans le sujet
❧Un coupable acquitté, une victime bafouée, des richesses accaparées par quelques-uns : à chaque instant, le monde ne correspond pas à nos attentes. Nous le trouvons souvent imparfait, insatisfaisant, parfois révoltant. Spontanément, nous portons des jugements de valeur, et de très nombreuses situations nous semblent profondément injustes. D'où une exigence : faire régner la justice.
Analyse du sujet — définir les termes
⚖« Faire régner la justice » : instituer un ordre dans lequel le juste l'emporte effectivement. Mais le mot justice a plusieurs sens : il désigne tantôt une valeur (ce qui permet de condamner telle situation), tantôt une vertu (être juste), tantôt une institution (l'appareil judiciaire). L'énoncé interroge donc autant le moyen (par quoi le juste s'impose-t-il ?) que le fondement (qu'est-ce qui est juste ?).
Problématique — la tension à résoudre
☞Faire régner la justice, est-ce imposer la force du plus fort, seul fait brut tranchant les conflits (Calliclès) ? Ou bien est-ce instituer un droit, un ensemble de lois communes ? Mais le droit positif, tel qu'il est, suffit-il à rendre la justice, ou faut-il, au-dessus de lui, un droit naturel et une idée de la justice qui permettent de juger les lois elles-mêmes ?
Annonce du plan — le chemin que l'on suivra
🗺Nous verrons d'abord qu'on pourrait croire que faire régner la justice, c'est s'imposer par la force : le juste serait la domination du plus fort (Calliclès), ce qui légitime la vengeance — mais cette thèse confond le droit et la force (I). Aussi faut-il reconnaître que faire régner la justice, c'est instituer un droit qui corrige les rapports de force et substitue le tiers impartial à la vengeance — sans que le droit positif suffise pour autant (équité, lois injustes) (II). Nous établirons enfin que faire régner la justice suppose un droit naturel supérieur aux lois (Antigone, Locke) et une idée de la justice comme vertu qui rend à chacun son dû (Aristote) (III).
Problématique : faire régner la justice, est-ce imposer la force, instituer le droit, ou réaliser une idée du juste qui dépasse le droit positif ? | Plan : I. la force (Calliclès : le droit du plus fort ; la vengeance ; mais droit≠force) → II. le droit (l'institution corrige les rapports de force ; le tiers impartial ; mais le droit positif est insuffisant : équité, lois injustes) → III. le droit naturel (Antigone, Locke, DUDH) et l'idée de justice comme vertu (Aristote : rendre à chacun son dû).