Philosophie · Terminale · Chapitre 12
Serions-nous plus libres sans l'État ?
Introduction
Introduction — poser le problème — « l'État : gardien ou ennemi de la liberté ? »
Amorce — entrer dans le sujet
❧Obéir à un feu rouge, payer ses impôts, montrer ses papiers : chaque jour, les lois de l'État viennent border nos désirs. Spontanément, on songe qu'on serait plus libre sans cette autorité qui, sans cesse, nous impose des limites.
Analyse du sujet — définir les termes
🏛L'État : l'ensemble des institutions qui organisent la vie sociale sur un territoire donné ; il institutionnalise le pouvoir politique et a une prétention à la rationalité et à l'universalité (l'intérêt commun). La liberté : d'abord la condition de celui qui ne dépend pas d'un maître, puis, plus profondément, le pouvoir de disposer de soi. L'énoncé sous-entend des degrés : on peut être plus ou moins libre.
Problématique — la tension à résoudre
⚖L'État, par ses lois, est-il l'ennemi de notre liberté, ce qui la limite et qu'il faudrait abolir ? Ou bien est-il, au contraire, la condition même de la liberté, ce sans quoi celle-ci resterait précaire et illusoire ?
Annonce du plan — le chemin que l'on suivra
🗺Nous verrons d'abord qu'apparemment nous serions plus libres sans l'État : si la liberté est l'intempérance, ses lois brident nos désirs (Calliclès) ; mais cette thèse confond le droit et la force, et la liberté avec la licence — or la vraie liberté est l'autonomie (Socrate) (I). Si la liberté est autonomie, l'État semble la réduire : il infantilise les masses et n'est que la domination d'une classe (Bakounine) — mais cette thèse oublie que l'homme est un être de passions (II). Nous établirons enfin que nous ne serions pas plus libres sans l'État : il met fin à la guerre (Hobbes), à condition d'en limiter le pouvoir (Locke), car c'est l'obéissance aux lois qu'on s'est prescrites qui fonde la liberté (Rousseau) (III).
Problématique : l'État est-il l'ennemi ou la condition de la liberté ? | Plan : I. apparemment oui (liberté-intempérance bridée : Calliclès ; mais droit≠force ; liberté=autonomie : Socrate) → II. si liberté=autonomie, l'État la réduit (Bakounine : infantilisation ; domination de classe ; mais l'homme est un être de passions) → III. non, on ne serait pas plus libres sans l'État (Hobbes : la sécurité ; Locke : un pouvoir limité ; Rousseau : la volonté générale).