Philosophie · Terminale · Chapitre 4
Peut-on se connaître soi-même ?
Introduction
Analyse du sujet · problématique · annonce du plan
Amorce — entrer dans le sujet
🪶« Connais-toi toi-même », ordonnait l'inscription du temple de Delphes. Mais ce commandement va-t-il de soi ? Nous passons notre vie avec nous-mêmes, et pourtant nous nous surprenons sans cesse, et sommes parfois les derniers à comprendre nos propres réactions. D'où la question : peut-on se connaître soi-même ?
Analyse du sujet — le sens des termes
🔍« Se connaître », c'est avoir de soi une connaissance vraie et certaine — de ce que je suis, de mon identité. Mais « soi-même » crée une difficulté propre : le sujet est à la fois celui qui connaît et ce qui est à connaître — il est juge et partie.
💡À première vue, la réponse est oui : par la conscience, j'ai un accès privilégié à moi-même ; nul ne me connaît mieux que moi. « Pouvoir », ici, c'est en avoir la capacité — et peut-être en avoir l'enjeu.
Problématique — la tension à résoudre
❓Mais ne me fais-je pas des illusions sur moi-même, par amour-propre ? Et le « moi » que je cherche existe-t-il seulement comme un objet que je puisse saisir ? Puis-je me connaître vraiment, ou le sujet est-il en partie opaque à lui-même — et que reste-t-il, alors, de la connaissance de soi ?
Annonce du plan — le chemin que l'on suivra
🗺Nous verrons d'abord qu'à première vue on peut se connaître : par la conscience (Descartes), l'observation de soi (Montaigne), l'intériorité (Augustin) (I). Mais nous montrerons ensuite que ce regard est faussé : l'amour-propre nous trompe, le moi est introuvable (Pascal), et l'inconscient nous échappe (Freud) (II). Nous établirons enfin qu'on se connaît autrement : comme liberté (Sartre), par autrui (Hegel), comme durée (Bergson) (III).
Problématique : puis-je me connaître, ou suis-je en partie opaque à moi-même ? | Plan : I. oui (conscience ; observation ; intériorité) → II. non (amour-propre ; moi introuvable ; inconscient) → III. autrement (liberté ; autrui ; moi profond).